
Pourquoi la fièvre aphteuse reste-t-elle une menace mondiale pour l’élevage et le commerce ?
La fièvre aphteuse est une maladie virale très contagieuse qui touche plus de soixante-dix espèces d’animaux à sabots fendus, comme les bovins, les ovins, les caprins, les porcins et de nombreux animaux sauvages. Elle se propage rapidement par contact direct avec des animaux infectés, mais aussi par l’air ou par des objets contaminés. Le virus responsable peut survivre longtemps dans des environnements frais et humides, ce qui complique son éradication.
Cette maladie a des conséquences économiques majeures. Dans les régions où elle est endémique, les pertes annuelles sont estimées entre 6,5 et 21 milliards de dollars, principalement à cause de la baisse de la production laitière, de la croissance ralentie des animaux et des restrictions commerciales. Les pays exportateurs, comme l’Australie ou les États-Unis, investissent des milliards pour éviter son introduction, car une épidémie pourrait coûter jusqu’à 20 milliards de dollars en pertes directes et en perturbations du commerce international.
Le virus de la fièvre aphteuse existe sous sept formes distinctes, appelées sérotypes, qui ne se protègent pas mutuellement. Cette diversité rend difficile la création de vaccins universels. Les sérotypes O et A sont les plus répandus dans le monde, tandis que d’autres, comme les SAT1, SAT2 et SAT3, sont surtout présents en Afrique. En Asie, la circulation simultanée de plusieurs sérotypes et leur évolution rapide posent un défi constant pour les programmes de vaccination.
Les stratégies de lutte contre la fièvre aphteuse varient selon les régions. Dans les pays endémiques, la vaccination de routine, la surveillance renforcée et les mesures de biosécurité sont essentielles pour réduire la propagation du virus. Les pays indemnes, eux, misent sur des contrôles stricts aux frontières, des restrictions de mouvement des animaux et l’abattage des troupeaux infectés pour éviter toute réintroduction. Cependant, les vaccins actuels ont des limites : leur protection est de courte durée, ils nécessitent une chaîne du froid rigoureuse et ne préviennent pas toujours la persistance du virus chez certains animaux.
Le changement climatique aggrave aussi la situation. Des températures plus élevées et une humidité accrue favorisent la survie du virus dans l’environnement, tandis que des conditions météorologiques spécifiques peuvent faciliter sa propagation par voie aérienne sur de longues distances. En Afrique, en Asie et en Amérique du Sud, où la maladie est encore présente, ces facteurs rendent le contrôle encore plus complexe.
La coopération internationale est cruciale pour limiter l’impact de la fièvre aphteuse. Des organisations comme l’Organisation mondiale de la santé animale jouent un rôle clé en établissant des normes, en coordonnant la surveillance et en soutenant les pays dans le renforcement de leurs services vétérinaires. Malgré les progrès, des lacunes persistent, notamment dans la détection précoce, la couverture vaccinale et la gestion des réservoirs animaux sauvages.
Pour réduire durablement cette menace, il est nécessaire d’améliorer les vaccins, de renforcer la surveillance et d’adapter les stratégies de contrôle aux réalités locales. Une approche intégrée, combinant prévention, réponse rapide et collaboration internationale, reste indispensable pour protéger la santé animale, la sécurité alimentaire et les échanges commerciaux mondiaux.
Bibliographie
Source de l’étude
DOI : https://doi.org/10.1007/s44370-026-00040-5
Titre : Global synthesis of serotype diversity transmission dynamics and socioeconomic impacts of foot and mouth disease
Revue : Discover Viruses
Éditeur : Springer Science and Business Media LLC
Auteurs : Gezani Piet Mabunda; Letlhogonolo Selaledi; Ndivho Nemukondeni
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