La dengue en Inde montre des disparités régionales marquées en 2025

La dengue en Inde montre des disparités régionales marquées en 2025

La dengue reste une menace majeure pour la santé publique en Inde, avec une charge particulièrement lourde dans plusieurs États. Une analyse récente révèle que l’Uttar Pradesh, le Karnataka, le Pendjab et le Maharashtra devraient connaître en 2025 une augmentation des cas et des décès liés à cette maladie. Parmi tous les États indiens, le Kerala se distingue par un taux de létalité exceptionnellement élevé, atteignant en moyenne 0,551 %, avec un pic à 0,878 % en 2023. Cette situation met en lumière des différences importantes entre les régions, tant dans la propagation de la maladie que dans son impact mortel.

La dengue est une infection virale transmise par des moustiques, principalement les espèces Aedes aegypti et Aedes albopictus. Chaque année, elle touche des centaines de millions de personnes dans le monde et cause des milliers de morts. En Inde, elle représente désormais une charge plus importante que le paludisme, avec environ 33 millions de cas cliniques estimés, soit 34 % des infections mondiales. La gravité de la maladie peut s’aggraver en cas d’infections successives par des souches virales différentes, ce qui complique la lutte contre sa propagation.

Les données recueillies entre 2017 et 2024 montrent une hausse notable des cas dans plusieurs États, notamment le Maharashtra, le Bengale-Occidental, l’Uttar Pradesh et le Bihar. En 2022, le Bengale-Occidental a enregistré 67 271 cas, un record pour un seul État en une année. Le Karnataka, le Kerala, le Maharashtra et l’Uttar Pradesh ont également signalé des nombres élevés en 2024, confirmant une tendance à la hausse. Les décès restent cependant relativement faibles par rapport au nombre de cas, avec un taux de létalité national généralement inférieur à 1 %. Pourtant, certaines régions comme le Kerala, l’Uttarakhand, le Jharkhand et le Manipur ont connu des taux de létalité dépassant 0,5 % certaines années, révélant des inégalités dans l’accès aux soins et la gestion de la maladie.

Les modèles statistiques et d’apprentissage automatique utilisés pour analyser ces données ont révélé que les dynamiques de la dengue varient fortement d’un État à l’autre. Par exemple, les modèles les plus performants diffèrent selon les régions : dans certains cas, des approches complexes comme la régression par vecteurs de support se sont avérées les plus efficaces, tandis que dans d’autres, des modèles plus simples comme la méthode naïve ou le lissage exponentiel ont donné de meilleurs résultats. Cela suggère que les tendances temporelles de la dengue ne suivent pas un schéma unique à l’échelle nationale, mais dépendent de facteurs locaux.

Les prévisions pour 2025 indiquent que le Karnataka pourrait enregistrer environ 23 663 cas, le Kerala 20 674, le Maharashtra 18 070, le Tamil Nadu 14 755 et l’Uttar Pradesh 13 810. Cependant, les intervalles de prédiction restent larges, reflétant l’incertitude liée à la brièveté des séries temporelles annuelles et à la variabilité inhérente de la transmission de la maladie. Les décès prévus pour 2025 restent modestes en nombre absolu, mais leur répartition varie considérablement d’un État à l’autre, avec des intervalles de prédiction particulièrement larges pour des États comme le Bihar et le Kerala.

Les corrélations entre les États montrent également des schémas intéressants. Par exemple, l’Uttar Pradesh présente une forte corrélation positive avec le Delhi, le Rajasthan et le Maharashtra, ce qui suggère une synchronisation des tendances de transmission, probablement due à des facteurs communs comme la mobilité des populations, le climat ou l’urbanisation. En revanche, certaines paires d’États, comme le Bengale-Occidental et le Maharashtra, affichent des corrélations négatives, indiquant des comportements épidémiques asynchrones.

Le taux de létalité, qui mesure la proportion de cas confirmés aboutissant à un décès, est un indicateur clé de la gravité de la maladie. Le Kerala, avec une moyenne de 0,551 %, se place en tête, suivi par le Maharashtra, l’Uttarakhand et l’Uttar Pradesh. Ces différences soulignent l’importance d’améliorer la détection précoce et la prise en charge clinique dans les régions à haut risque. Les États où le nombre de cas est élevé mais le taux de létalité faible, comme le Bengale-Occidental ou le Gujarat, pourraient bénéficier davantage de mesures de contrôle des vecteurs et de préparation aux épidémies. À l’inverse, les États à faible incidence mais à taux de létalité élevé, comme le Jharkhand ou le Manipur, devraient renforcer leurs systèmes de détection et de gestion clinique pour réduire les décès évitables.

Les résultats de cette analyse confirment que la dengue en Inde ne suit pas un modèle unique. Les disparités régionales dans la transmission, la gravité et la prédictibilité de la maladie nécessitent des approches adaptées à chaque État plutôt qu’une stratégie nationale uniformisée. Les modèles utilisés, qu’ils soient simples ou complexes, ont montré que les dynamiques locales jouent un rôle clé dans la propagation de la dengue, renforçant l’idée que les politiques de santé publique doivent être adaptées aux spécificités de chaque région.


Crédits des sources

Source principale

DOI : https://doi.org/10.1186/s12982-026-02396-x

Titre : A comparative state-wise assessment of dengue incidence and deaths in India using annual surveillance data

Revue : Discover Public Health

Éditeur : Springer Science and Business Media LLC

Auteurs : Saif Ali Khan; Vishwajeet Singh; Subhash Kumar Yadav; Yusuf Akhter

Speed Reader

Ready
500